{"id":217662,"date":"2006-12-01T05:00:00","date_gmt":"2006-12-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/issues\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/"},"modified":"2025-04-14T06:08:34","modified_gmt":"2025-04-14T10:08:34","slug":"lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Afghanistan : arch\u00e9type d&rsquo;une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?"},"content":{"rendered":"<p>Depuis maintenant cinquante ans, le gouvernement canadien fait du maintien de la paix l&rsquo;une des facettes les plus m\u00e9\u0081diatis\u00e9\u0081es de sa politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre. En plus d&rsquo;\u00e9\u201atre une activit\u00e9\u0081 qui octroie une recon- naissance internationale au pays, il s&rsquo;agit \u00e9\u0081galement d&rsquo;une des seules fonctions des forces arm\u00e9\u0081es canadiennes qui fassent consensus autant chez les francophones que chez les anglo- phones. Par contre, alors que les forces canadiennes entament leur cinqui\u00e9\u20acme ann\u00e9\u0081e d&rsquo;op\u00e9\u0081ration en Afghanistan, plusieurs questionnent la nature et la pertinence de la mission, de m\u00e9\u201ame que ses cons\u00e9\u0081quences sur la politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre cana- dienne. Les sondages d&rsquo;opinion publique montrent d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;une partie significative de la population canadienne se montre r\u00e9\u0081ticente vis-a\u00cc\u20ac-vis de cette op\u00e9\u0081ration.<\/p>\n<p>Il est vrai que la Force internationale d&rsquo;assistance a\u00cc\u20ac la s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081 (FIAS) ne repr\u00e9\u0081sente pas le mod\u00e9\u20acle-type de mission multilat\u00e9\u0081rale auquel les Canadiens ont \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 habitu\u00e9\u0081s par le pass\u00e9\u0081. En plus de ne pas \u00e9\u201atre dirig\u00e9\u0081e par les Nations Unies \u201d\u201d c&rsquo;est pluto\u00cc\u201at l&rsquo;Alliance atlantique qui m\u00e9\u20acne les op\u00e9\u0081rations \u201d\u201d, la mission permet aux militaires canadiens de recourir a\u00cc\u20ac la force de mani\u00e9\u20acre offensive, si n\u00e9\u0081cessaire, afin d&rsquo;atteindre leurs objectifs et, surtout, met les soldats canadiens dans des situations beaucoup plus dangereuses que par le pass\u00e9\u0081. Pourtant, la FIAS n&rsquo;arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Elle est pluto\u00cc\u201at la suite logique d&rsquo;une s\u00e9\u0081rie d&rsquo;initiatives prises tant par le Canada que par ses alli\u00e9\u0081s traditionnels au cours des quinze derni\u00e9\u20acres ann\u00e9\u0081es. Pour cette raison, il est imp\u00e9\u0081ratif de situer la participation canadienne a\u00cc\u20ac la FIAS dans un contexte plus global pour comprendre ce qui motive Ottawa a\u00cc\u20ac s&rsquo;impliquer dans ce type de mission.<\/p>\n<p>L&rsquo;implosion de l&rsquo;Union sovi\u00e9\u0081tique entrai\u00cc\u201ana une aug- mentation importante du nombre d&rsquo;op\u00e9\u0081rations de paix conduites sous les auspices des Nations Unies, de quatre en 1990 a\u00cc\u20ac quinze en 2002. La rivalit\u00e9\u0081 Est- Ouest n&rsquo;\u00e9\u0081tant plus, le Conseil de s\u00e9\u0081cu- rit\u00e9\u0081 autorisa le d\u00e9\u0081ploiement de Casques bleus dans le cadre de conflits intra-\u00e9\u0081tatiques, les autorisant de sur- croi\u00cc\u201at a\u00cc\u20ac recourir a\u00cc\u20ac la force pour mener a\u00cc\u20ac bien leur mandat.<\/p>\n<p>Les interventions onusiennes en Somalie (ONUSOM I &amp; II) et dans les r\u00e9\u0081publiques de l&rsquo;ex-Yougoslavie (FOR- PRONU) sont g\u00e9\u0081n\u00e9\u0081ralement cit\u00e9\u0081es comme refl\u00e9\u0081tant ces op\u00e9\u0081rations dites de \u00ab deuxi\u00e9\u20acme g\u00e9\u0081n\u00e9\u0081ration \u00bb. Mais elles sont \u00e9\u0081galement associ\u00e9\u0081es, avec la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR), a\u00cc\u20ac l&rsquo;incapacit\u00e9\u0081 de l&rsquo;ONU d&rsquo;intervenir rapi- dement et efficacement dans des contextes pr\u00e9\u0081caires, ou\u00cc\u20ac aucun accord de paix n&rsquo;avait \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 pr\u00e9\u0081alablement sign\u00e9\u0081 entre les parties bellig\u00e9\u0081rantes. Force est effectivement de constater que les seuls effectifs onusiens n&rsquo;ont pas \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 en mesure de r\u00e9\u0081tablir la paix dans ces pays et que, dans plusieurs cas, ils se sont trouv\u00e9\u0081s dans des situations aussi chaotiques qu&rsquo;avant l&rsquo;arriv\u00e9\u0081e des troupes multinationales.<\/p>\n<p>Si les Casques bleus n&rsquo;ont pas \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 en mesure d&rsquo;appliquer le mandat qui leur avait \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 confi\u00e9\u0081, ce n&rsquo;est pas par incom- p\u00e9\u0081tence ou par manque de ressources (quoique, dans plusieurs situations, davantage d&rsquo;\u00e9\u0081quipements auraient \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 bienvenus), mais pluto\u00cc\u201at en raison de l&rsquo;absence de mandates clairs, atteignables et adapt\u00e9\u0081s a\u00cc\u20ac chacune des situations ; en d&rsquo;autres mots, par manque de volont\u00e9\u0081 politique de la part des E\u00cc\u0081tats membres du Conseil de s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081 des Nations Unies (CSNU) et plus particuli\u00e9\u20acrement de ses membres permanents. Puisque le CSNU est davantage un organe poli- tique qu&rsquo;un centre de planification tac- tique, les r\u00e9\u0081solutions qui y sont adopt\u00e9\u0081es repr\u00e9\u0081sentent plus souvent qu&rsquo;autrement une version \u00ab consen- suelle \u00bb et, par cons\u00e9\u0081quent, \u00e9\u0081dulcor\u00e9\u0081e des objectifs strat\u00e9\u0081giques, loin des r\u00e9\u0081a- lit\u00e9\u0081s op\u00e9\u0081rationnelles.<\/p>\n<p>A\u00cc\u20ac la suite des \u00e9\u0081checs en Somalie et en Bosnie, les alli\u00e9\u0081s traditionnels du Canada (nomm\u00e9\u0081ment les E\u00cc\u0081tats- Unis, la Grande-Bretagne et la France) ont remis en question la capacit\u00e9\u0081 de l&rsquo;ONU de mener efficacement ce type d&rsquo;op\u00e9\u0081rations. Consid\u00e9\u0081rant qu&rsquo;il \u00e9\u0081tait beaucoup plus ais\u00e9\u0081 d&rsquo;obtenir un con- sensus entre Occidentaux qu&rsquo;au sein du CSNU, ces derniers ont graduellement d\u00e9\u0081laiss\u00e9\u0081 cette organisation afin de con- centrer leurs efforts en mati\u00e9\u20acre d&rsquo;inter- vention de paix au sein de l&rsquo;OTAN. L&rsquo;exemple yougoslave est d&rsquo;ailleurs explicite a\u00cc\u20ac ce sujet: l&rsquo;<em>Implementation Force<\/em> (IFOR) et la <em>Stabilization Force<\/em> (SFOR), deux op\u00e9\u0081rations de l&rsquo;OTAN, ont respectivement succ\u00e9\u0081d\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac la FOR- PRONU parce que le Conseil de s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081 jugeait que l&rsquo;op\u00e9\u0081ration de l&rsquo;ONU, sous sa forme d&rsquo;alors, n&rsquo;\u00e9\u0081tait pas en mesure d&rsquo;atteindre les objectifs qu&rsquo;on lui avait fix\u00e9\u0081s. Si l&rsquo;IFOR et la SFOR avaient toutes deux obtenu l&rsquo;aval des Nations Unies, ce ne fut toutefois pas le cas pour l&rsquo;op\u00e9\u0081ration <em>Allied Force<\/em>, ou\u00cc\u20ac les forces de l&rsquo;Alliance atlantique, au printemps 1999, bombard\u00e9\u20acrent le Kosovo sans mandat du Conseil de s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081, pour tenter de contrer le d\u00e9\u0081ploiement des troupes serbes dans cette ancienne province yougoslave. Les membres de l&rsquo;OTAN justifi\u00e9\u20acrent cette d\u00e9\u0081cision en invoquant, entre autres choses, l&rsquo;inca- pacit\u00e9\u0081 de l&rsquo;ONU a\u00cc\u20ac r\u00e9\u0081agir promptement et ad\u00e9\u0081quatement en cas de menaces a\u00cc\u20ac la paix et a\u00cc\u20ac la s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081 internationales. La force terrestre (KFOR), d\u00e9\u0081ploy\u00e9\u0081e apr\u00e9\u20acs les frappes a\u00e9\u0081riennes, fut quant a\u00cc\u20ac elle avalis\u00e9\u0081e par le Conseil de s\u00e9\u0081curit\u00e9\u0081, mais son commandement demeura la responsabilit\u00e9\u0081 de l&rsquo;OTAN. En l&rsquo;espace de cinq ans seulement, les alli\u00e9\u0081s traditionnels du Canada ont ainsi graduellement d\u00e9\u0081laiss\u00e9\u0081 les op\u00e9\u0081rations men\u00e9\u0081es dans le cadre onusien, pr\u00e9\u0081f\u00e9\u0081rant sa l\u00e9\u0081gitimation politique seule- ment, et confiant a\u00cc\u20ac l&rsquo;OTAN le commandement de leurs troupes militaires.<\/p>\n<p>Que ce soit le fruit de l&rsquo;affir- mation explicite de l&rsquo;h\u00e9\u0081g\u00e9\u0081monie am\u00e9\u0081ricaine dans l&rsquo;\u00e9\u20acre post-guerre froide, ou le r\u00e9\u0081sultat de l&rsquo;\u00e9\u0081volu- tion de la nature des conflits, ou les deux, la cons\u00e9\u0081quence pratique pour le Canada fut la m\u00e9\u201ame : s&rsquo;il souhaitait pr\u00e9\u0081server ou accroi\u00cc\u201atre son influence aupr\u00e9\u20acs de ses alli\u00e9\u0081s traditionnels en mati\u00e9\u20acre de s\u00e9\u0081cu- rit\u00e9\u0081 internationale, le Canada devait s&rsquo;engager dans de nou- veaux types de missions, plus complexes et plus dangereux. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il fit en participant aux op\u00e9\u0081rations militaires en ex- Yougoslavie, de l&rsquo;IFOR a\u00cc\u20ac la SFOR, en passant par <em>Allied Force<\/em>, d\u00e9\u0081ployant dans les Balkans plusieurs mil- liers de soldats au cours des ann\u00e9\u0081es 1990.<\/p>\n<p>Avec cette \u00e9\u0081volution g\u00e9\u0081ostrat\u00e9\u0081gique en t\u00e9\u201ate, il n&rsquo;est pas surprenant de voir que, suite aux attentats de septem- bre 2001, Am\u00e9\u0081ricains et Europ\u00e9\u0081ens ont pr\u00e9\u0081f\u00e9\u0081r\u00e9\u0081 confier le mandat d&rsquo;intervenir en Afghanistan a\u00cc\u20ac l&rsquo;OTAN pluto\u00cc\u201at qu&rsquo;aux Nations Unies. A\u00cc\u20ac cet effet, la r\u00e9\u0081ponse de Bruxelles ne se fit pas attendre: le recours quasi imm\u00e9\u0081diat et historique a\u00cc\u20ac l&rsquo;article 5 du Trait\u00e9\u0081 de l&rsquo;Atlantique-Nord, qui stipule qu&rsquo;une attaque contre l&rsquo;un de ses membres est consid\u00e9\u0081r\u00e9\u0081e comme une attaque contre tous ses membres, en t\u00e9\u0081moigne explicitement. La r\u00e9\u0081ponse d&rsquo;Ottawa fut toute aussi prompte. Le 13 septembre 2001, le premier ministre Chr\u00e9\u0081tien invoqua le m\u00e9\u201ame article 5 et assura Washington que le Canada pr\u00e9\u201aterait assistance aux E\u00cc\u0081tats-Unis. Devant un manque flagrant de ressources, le ministre de la D\u00e9\u0081fense nationale eut toutefois du mal a\u00cc\u20ac rassurer ses alli\u00e9\u0081s quant a\u00cc\u20ac la capacit\u00e9\u0081 du Canada d&rsquo;honorer ses engagements. Il participera n\u00e9\u0081anmoins aux multiples op\u00e9\u0081rations militaires en Afghanistan, aux co\u00cc\u201at\u00e9\u0081s de ses alli\u00e9\u0081s europ\u00e9\u0081ens et am\u00e9\u0081ricains.<\/p>\n<p>Apr\u00e9\u20acs avoir publiquement li\u00e9\u0081 les attaques terroristes de 2001 au r\u00e9\u0081gime taliban en Afghanistan, qui abri- tait sciemment les membres et sympa- thisants d&rsquo;Al-Qai\u00cc\u02c6da, les E\u00cc\u0081tats-Unis ont appel\u00e9\u0081 leurs alli\u00e9\u0081s a\u00cc\u20ac former une coalition de volontaires afin de renverser le r\u00e9\u0081gime tyrannique. Le Canada a initialement r\u00e9\u0081pondu a\u00cc\u20ac l&rsquo;appel, mais de fac\u00cc\u00a7on mo- deste. En octobre 2001, Ottawa mit sur pied l&rsquo;op\u00e9\u0081ration Apollo, qui se voulait la contribution canadienne a\u00cc\u20ac l&rsquo;op\u00e9\u0081ration am\u00e9\u0081ricaine Libert\u00e9\u0081 immuable (<em>Enduring Freedom<\/em>). Dans le cadre de cette mission, plus d&rsquo;une centaine de militaires cana- diens ont particip\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac la traque de terro- ristes et au renversement du r\u00e9\u0081gime taliban en Afghanistan. Bien que les Nations Unies et l&rsquo;OTAN encourag\u00e9\u20acrent la communaut\u00e9\u0081 internationale a\u00cc\u20ac com- battre le terrorisme, la coalition multina- tionale qui s&rsquo;est d\u00e9\u0081ploy\u00e9\u0081e en Afghanistan a\u00cc\u20ac la fin de 2001 n&rsquo;\u00e9\u0081tait mandat\u00e9\u0081e par aucune organisation internationale et ce, m\u00e9\u201ame si les Am\u00e9\u0081ricains la justifiaient par une r\u00e9\u0081solution du CSNU exhortant la communaut\u00e9\u0081 internationale a\u00cc\u20ac \u00ab redou- bler d&rsquo;efforts pour pr\u00e9\u0081venir et \u00e9\u0081liminer les actes terroristes \u00bb (RES 1368).<\/p>\n<p>En d\u00e9\u0081cembre 2001, l&rsquo;Alliance atlantique cr\u00e9\u0081a la FIAS et l&rsquo;autorisa a\u00cc\u20ac se d\u00e9\u0081ployer dans la r\u00e9\u0081gion de Kaboul, capitale afghane. Le Canada r\u00e9\u0081agit par le d\u00e9\u0081ploiement, en f\u00e9\u0081vrier 2002, de pr\u00e9\u20acs de 900 soldats. Il est a\u00cc\u20ac noter que, a\u00cc\u20ac ce moment-la\u00cc\u20ac, malgr\u00e9\u0081 l&rsquo;appui onusien et celui l&rsquo;OTAN, la FIAS n&rsquo;\u00e9\u0081tait pas une op\u00e9\u0081ration de paix, mais encore une coalition d&rsquo;E\u00cc\u0081tats volontaires.<\/p>\n<p>La FIAS \u00e9\u0081volua parall\u00e9\u20aclement a\u00cc\u20ac l&rsquo;op\u00e9\u0081ration am\u00e9\u0081ricaine Libert\u00e9\u0081 immuable. Les mandats des deux mis- sions sont compl\u00e9\u0081mentaires, mais pas- sablement diff\u00e9\u0081rents. Alors que celui de la FIAS s&rsquo;apparente davantage a\u00cc\u20ac celui d&rsquo;une op\u00e9\u0081ration de paix de l&rsquo;ONU (\u00ab stabilisation \u00bb, \u00ab reconstruction \u00bb et organisation d&rsquo;\u00e9\u0081lections d\u00e9\u0081mocratiques \u201d\u201d les militaires ayant toutefois le droit d&rsquo;ouvrir le feu sous certaines condi- tions), celui de Libert\u00e9\u0081 immuable en est carr\u00e9\u0081ment un de guerre.<\/p>\n<p>En 2003, alors que la FIAS \u00e9\u0081prou- vait depuis quelque temps de la diffi- cult\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac trouver des E\u00cc\u0081tats \u00ab volontaires \u00bb pour assurer le commandement, le Canada, appuy\u00e9\u0081 par les Pays-Bas et l&rsquo;Allemagne, fit pression aupr\u00e9\u20acs de l&rsquo;Alliance atlantique pour que l&rsquo;organi- sation prenne elle-m\u00e9\u201ame les r\u00e9\u201anes de l&rsquo;op\u00e9\u0081ration qu&rsquo;elle avait cr\u00e9\u0081\u00e9\u0081e deux ans plus to\u00cc\u201at. C&rsquo;est en aou\u00cc\u201at 2003 que l&rsquo;OTAN prit le commandement de la FIAS. En plus de devenir une v\u00e9\u0081ritable op\u00e9\u0081ration de paix, le mandat de la FIAS changea \u00e9\u0081galement de mani\u00e9\u20acre significative : a\u00cc\u20ac l&rsquo;automne 2003, il passa de la seule r\u00e9\u0081gion de Kaboul a\u00cc\u20ac l&rsquo;ensemble du pays. L&rsquo;\u00e9\u0081largissement du mandat se fit \u00e9\u0081tape par \u00e9\u0081tape, d\u00e9\u0081butant par les r\u00e9\u0081gions ou\u00cc\u20ac r\u00e9\u0081gnait une stabilit\u00e9\u0081 relative.<\/p>\n<p>Au cours de cette p\u00e9\u0081riode, le gou- vernement canadien d\u00e9\u0081cida d&rsquo;accroi\u00cc\u201atre sa participation a\u00cc\u20ac la mission. Au c\u0153ur de la crise diplomatique concernant la guerre en Irak, le ministre de la D\u00e9\u0081fense nationale, John McCallum, annonc\u00cc\u00a7a l&rsquo;envoi de 1 000 nouveaux soldats a\u00cc\u20ac Kaboul, qui se joignirent aux autres Canadiens au cours de l&rsquo;\u00e9\u0081t\u00e9\u0081 2003. Quelques mois plus tard, pour souligner le travail du Canada, le g\u00e9\u0081n\u00e9\u0081ral Rick Hillier, maintenant chef d&rsquo;\u00e9\u0081tat-major, se vit confier le poste de commandant de la FIAS entre f\u00e9\u0081vrier et aou\u00cc\u201at 2004. Cette \u00e9\u0081poque marqua le d\u00e9\u0081but de l&rsquo;op\u00e9\u0081ration canadienne Ath\u00e9\u0081na, remplac\u00cc\u00a7ant l&rsquo;op\u00e9\u0081ration Apollo.<\/p>\n<p>A\u00cc\u20ac la suite des pressions en ce sens de la part du g\u00e9\u0081n\u00e9\u0081ral Hillier (et a\u00cc\u20ac son apparente garantie que le Canada dis- poserait de suffisamment de troupes pour intervenir ailleurs, dont au Soudan), le premier ministre Martin annonc\u00cc\u00a7a, au printemps 2005, que les soldats canadiens quitteraient la r\u00e9\u0081gion de Kaboul pour se diriger vers la province de Kandahar. Les con- s\u00e9\u0081quences de cette d\u00e9\u0081cision furent multiples. Kandahar \u00e9\u0081tant une r\u00e9\u0081gion bien plus hostile que la capitale, les risques de pertes humaines y \u00e9\u0081taient de beaucoup sup\u00e9\u0081rieurs. Ainsi, au cours de l&rsquo;ann\u00e9\u0081e 2006 seulement, pr\u00e9\u20acs de trois fois plus de militaires canadiens ont perdu la vie a\u00cc\u20ac Kandahar qu&rsquo;au cours des interventions onusiennes en Somalie et en ex-Yougoslavie r\u00e9\u0081unies. De plus, cette r\u00e9\u0081gion n&rsquo;\u00e9\u0081tait, a\u00cc\u20ac l&rsquo;\u00e9\u0081poque, pas encore sous la juridiction de l&rsquo;OTAN, mais pluto\u00cc\u201at sous le mandat de Libert\u00e9\u0081 immuable.<\/p>\n<p>De par cette d\u00e9\u0081cision, le Canada a donc intentionnellement quitt\u00e9\u0081 une r\u00e9\u0081gion relativement stable et cha- peaut\u00e9\u0081e par l&rsquo;OTAN pour se concentrer sur une province plus dangereuse, sous le commandement d&rsquo;aucune organisa- tion internationale. Pour justifier sa d\u00e9\u0081cision, Paul Martin expliqua qu&rsquo;il souhaitait que les forces canadiennes pr\u00e9\u0081parent le terrain a\u00cc\u20ac l&rsquo;expansion de la FIAS dans le sud du pays, pr\u00e9\u0081vue pour la fin du printemps 2006 (l&rsquo;expansion aura finalement lieu en aou\u00cc\u201at). Il serait plus exact d&rsquo;affirmer que le Canada d\u00e9\u0081sirait jouer un ro\u00cc\u201ale cl\u00e9\u0081 en Afghanistan afin (1) de signaler a\u00cc\u20ac Washington qu&rsquo;il prenait la menace du terrorisme international au s\u00e9\u0081rieux (malgr\u00e9\u0081 son refus de participer a\u00cc\u20ac la guerre en Irak) et (2) d&rsquo;\u00e9\u201atre consid\u00e9\u0081r\u00e9\u0081, au Canada et a\u00cc\u20ac l&rsquo;\u00e9\u0081tranger, comme un alli\u00e9\u0081 fiable et influent.<\/p>\n<p>Lorsque, au milieu des ann\u00e9\u0081es 1990, les alli\u00e9\u0081s traditionnels du Canada ont amorc\u00e9\u0081 un virage strat\u00e9\u0081gique en mati\u00e9\u20acre d&rsquo;op\u00e9\u0081rations de paix multi- lat\u00e9\u0081rales, Ottawa fut plac\u00e9\u0081 devant le dilemme suivant : l&rsquo;ONU ou l&rsquo;OTAN? La participation canadienne aux op\u00e9\u0081rations onusiennes lui a valu, au cours de la guerre froide, une r\u00e9\u0081puta- tion internationalement reconnue, en plus de jouir d&rsquo;un appui pratiquement unanime au sein de la population canadienne. Cependant, en poursui- vant son implication dans le cadre de ces missions, le Canada craignait d&rsquo;\u00e9\u201atre marginalis\u00e9\u0081 par ses alli\u00e9\u0081s et ainsi de ris- quer de perdre ce qu&rsquo;il jugeait \u00e9\u201atre son influence au sein de l&rsquo;OTAN (elle- m\u00e9\u201ame sujette a\u00cc\u20ac discussion).<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire r\u00e9\u0081cente mon- tre que le Canada a choisi la voie emprunt\u00e9\u0081e par ses alli\u00e9\u0081s. Les chiffres a\u00cc\u20ac cet effet sont r\u00e9\u0081v\u00e9\u0081lateurs. Au d\u00e9\u0081but des ann\u00e9\u0081es 1990, le Canada four- nissaitenviron10 p.100des Casques bleus \u0153uvrant sous les auspices des Nations Unies. Quinze ans plus tard, cette proportion chutait drastiquement, se situant loin sous la barre des 0,1 p.100.Parall\u00e9\u20aclement,au cours de cette m\u00e9\u201ame p\u00e9\u0081riode, le nombre de soldats cana- diens d\u00e9\u0081ploy\u00e9\u0081s sous l&rsquo;\u00e9\u0081gide de l&rsquo;OTAN grimpa en fl\u00e9\u20acche. En 1999, le pays participa, entre autres, a\u00cc\u20ac environ 6 p. 100 des 30 000 sorties a\u00e9\u0081riennes effectu\u00e9\u0081es par l&rsquo;Alliance atlantique contre le r\u00e9\u0081gime de Milosevic. De surcroi\u00cc\u201at, depuis 1995, toutes les interventions majeures (plus de 800 soldats) des Forces canadiennes furent effectu\u00e9\u0081es sous l&rsquo;\u00e9\u0081gide de l&rsquo;OTAN et non plus de l&rsquo;ONU.<\/p>\n<p>Ce changement strat\u00e9\u0081gique n&rsquo;a cependant rien de surprenant. Les \u00e9\u0081nonc\u00e9\u0081s de\u00a0politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre et de d\u00e9\u0081fense canadiennes (publi\u00e9\u0081s en 1992, 1994 et 1995) \u00e9\u0081voquaient clairement une volont\u00e9\u0081 croissante de mener des op\u00e9\u0081rations sous l&rsquo;\u00e9\u0081gide de l&rsquo;OTAN pluto\u00cc\u201at que de l&rsquo;ONU, dont le manque d&rsquo;efficacit\u00e9\u0081 \u00e9\u0081tait d\u00e9\u0081nonc\u00e9\u0081. L&rsquo;\u00e9\u0081nonc\u00e9\u0081 de 2005, intitul\u00e9\u0081 <em>Fiert\u00e9\u0081 et influence : notre ro\u00cc\u201ale dans le monde<\/em>, va encore plus loin, soulignant que le Canada est dispos\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac intervenir m\u00e9\u201ame en dehors du cadre de l&rsquo;OTAN, c&rsquo;est-a\u00cc\u20ac-dire au sein de coali- tions de volontaires<em> ad hoc<\/em>.<\/p>\n<p>Le manque d&rsquo;effectifs et de ressources militaires ainsi que la recherche de r\u00e9\u0081sultats concrets con- duisent le Canada a\u00cc\u20ac intervenir davan- tage dans le cadre d&rsquo;op\u00e9\u0081rations ponctuelles de dur\u00e9\u0081e limit\u00e9\u0081e, ou\u00cc\u20ac les objectifs sont clairs et plus facilement atteignables. Cette politique vise a\u00cc\u20ac \u00e9\u0081viter les cons\u00e9\u0081quences fa\u00cc\u201acheuses des interventions en Somalie et dans les Balkans, ou\u00cc\u20ac la cr\u00e9\u0081dibilit\u00e9\u0081 des op\u00e9\u0081ra- tions de paix a \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 ternie. Le Canada ne remet toutefois pas compl\u00e9\u20actement en question sa participation a\u00cc\u20ac des op\u00e9\u0081ra- tions de l&rsquo;ONU. La mise sur pied de la Brigade d&rsquo;intervention rapide des forces en attente des Nations Unies (BIRFA), en 1996, dont le Canada a \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 l&rsquo;un des principaux instigateurs, en est un exemple. Le mandat de cette force est d&rsquo;intervenir rapidement dans un conflit, d\u00e9\u20acs que le CSNU en fait la demande explicite, pour une dur\u00e9\u0081e maximale de six mois, puisque l&rsquo;objec- tif est de laisser d&rsquo;autres membres de l&rsquo;ONU de prendre la rel\u00e9\u20acve.<\/p>\n<p>En Afghanistan, cette politique s&rsquo;est traduite par la mise sur pied de l&rsquo;op\u00e9\u0081ra- tion Apollo et du d\u00e9\u0081placement des Forces canadiennes dans la province de Kandahar. Ces deux missions furent cr\u00e9\u0081\u00e9\u0081es sachant explicitement qu&rsquo;elles seraient \u00e9\u0081ph\u00e9\u0081m\u00e9\u20acres. Elles visaient a\u00cc\u20ac atteindre des objectifs clairs et a\u00cc\u20ac court terme. L&rsquo;op\u00e9\u0081ration Apollo, mise sur pied quasi imm\u00e9\u0081diatement apr\u00e9\u20acs les attentats de septembre 2001, visait a\u00cc\u20ac pr\u00e9\u0081parer, conjointement avec les Am\u00e9\u0081ricains, le d\u00e9\u0081ploiement a\u00cc\u20ac plus grande \u00e9\u0081chelle d&rsquo;une coalition multinationale en Afghanistan. Le d\u00e9\u0081placement vers Kandahar, quant a\u00cc\u20ac lui, visait a\u00cc\u20ac assurer la transition de troupes op\u00e9\u0081rant sous Libert\u00e9\u0081 immuable vers un commandement de l&rsquo;OTAN. L&rsquo;extension de deux ans du mandat des Forces canadiennes a\u00cc\u20ac Kandahar, jusqu&rsquo;en f\u00e9\u0081vrier 2009, approuv\u00e9\u0081e par la Chambre des communes en mai 2006, peut sem- bler \u00e9\u201atre en contradiction avec cette strat\u00e9\u0081gie. Elle fixe n\u00e9\u0081anmoins pr\u00e9\u0081cis\u00e9\u0081- ment dans le temps la dur\u00e9\u0081e de l&rsquo;engage- ment canadien et repr\u00e9\u0081sente d&rsquo;ailleurs, a\u00cc\u20ac en croire les propos du g\u00e9\u0081n\u00e9\u0081ral Hillier, l&rsquo;\u00e9\u0081tendue maximale que peuvent soutenir les Forces canadiennes, faute de quoi des soldats ayant d\u00e9\u0081ja\u00cc\u20ac \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 d\u00e9\u0081ploy\u00e9\u0081s a\u00cc\u20ac Kandahar par le pass\u00e9\u0081 devront l&rsquo;\u00e9\u201atre pour une seconde fois.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9\u0081gie t\u00e9\u0081moigne du fait que le Canada souhaite maximiser son in- fluence aupr\u00e9\u20acs de ses alli\u00e9\u0081s. L&rsquo;\u00e9\u0081nonc\u00e9\u0081 politique de 2005 souligne explicite- ment les ressources limit\u00e9\u0081es du Canada et le besoin, cons\u00e9\u0081quemment, de con- centrer ses engagements. Cette logique l&rsquo;am\u00e9\u20acne a\u00cc\u20ac d\u00e9\u0081ployer des forces militaires la\u00cc\u20ac ou\u00cc\u20ac ses alli\u00e9\u0081s traditionnels intervien- nent. Ottawa aurait tr\u00e9\u20acs bien pu d\u00e9\u0081cider de ne pas intervenir militairement en Afghanistan, au risque cependant d&rsquo;ag- graver encore davantage l&rsquo;\u00e9\u0081tat de ses relations bilat\u00e9\u0081rales avec les E\u00cc\u0081tats-Unis et de perdre toute cr\u00e9\u0081dibilit\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac l&rsquo;OTAN. Son engagement, massif compte tenu de ses ressources, montre sa d\u00e9\u0081termination a\u00cc\u20ac concentrer ses effectifs sur un principal th\u00e9\u0081a\u00cc\u201atre d&rsquo;op\u00e9\u0081rations. Malgr\u00e9\u0081 les soi- disant garanties, exig\u00e9\u0081es par le gou- vernement Martin, que le Canada pourrait intervenir simultan\u00e9\u0081ment dans d&rsquo;autres op\u00e9\u0081rations, la quantit\u00e9\u0081 de troupes n\u00e9\u0081cessaires pour accomplir la mission a\u00cc\u20ac Kandahar \u00e9\u0081tait suffisante pour pr\u00e9\u0081venir toute illusion : le Canada ne pourrait que contribuer minimalement a\u00cc\u20ac d&rsquo;autres missions (en fournissant des conseillers militaires, des policiers, de l&rsquo;assistance technique, etc.), comme c&rsquo;est actuellement le cas en Hai\u00cc\u02c6ti, au Soudan et en Bosnie-Herz\u00e9\u0081govine.<\/p>\n<p>Mais cette nouvelle strat\u00e9\u0081gie n&rsquo;est toutefois pas sans risque, partic- uli\u00e9\u20acrement aupr\u00e9\u20acs de la population canadienne. Le fait de d\u00e9\u0081laisser les op\u00e9\u0081rations dites \u00ab traditionnelles \u00bb de maintien de la paix risque d&rsquo;\u00e9\u0081roder le soutien populaire canadien.<\/p>\n<p>La participation des Forces canadiennes aux op\u00e9\u0081rations de maintien de la paix jouit d&rsquo;un appui virtuellement unanime dans la soci\u00e9\u0081t\u00e9\u0081 canadienne, et ce depuis le tout d\u00e9\u0081but des ann\u00e9\u0081es 1960. Les Canadiens ont \u00e9\u0081t\u00e9\u0081 habitu\u00e9\u0081s a\u00cc\u20ac ce type de mission, notamment en rai- son de la rh\u00e9\u0081torique politique qui l&rsquo;en- toure. Au milieu des ann\u00e9\u0081es 1980, alors que la nature des interventions mili- taires \u00e9\u0081voluait graduellement en fonc- tion des \u00ab nouveaux \u00bb types de conflits, les dirigeants politiques canadiens jus- tifiaient n\u00e9\u0081anmoins le d\u00e9\u0081ploiement des militaires en recourant au symbole du maintien de la paix. L&rsquo;appui populaire aux interventions canadiennes a d&rsquo;ailleurs commenc\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac s&rsquo;effriter lors des op\u00e9\u0081rations dans les Balkans et en Somalie, c&rsquo;est-a\u00cc\u20ac-dire au moment ou\u00cc\u20ac le Canada a commenc\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac s&rsquo;\u00e9\u0081loigner signi- ficativement des missions de maintien de la paix traditionnelles, pour inter- venir dans des missions de plus en plus belliqueuses et chaotiques.<\/p>\n<p>Au cours de la guerre du Kosovo, une grande majorit\u00e9\u0081 de Canadiens (66 p. 100) se disaient en faveur de l&rsquo;intervention de l&rsquo;OTAN avant et apr\u00e9\u20acs le d\u00e9\u0081clenchement des bombardements. Plus encore, la plupart des Canadiens (58 p. 100) se montraient m\u00e9\u201ame favo- rables au d\u00e9\u0081ploiement de forces ter- restres en appui aux forces a\u00e9\u0081riennes. Cet appui populaire s&rsquo;explique non seulement par le type de justifications fourni par le gouvernement canadien, ce dernier faisant valoir le caract\u00e9\u20acre \u00ab humanitaire \u00bb de la mission, mais \u00e9\u0081galement par la doctrine du \u00ab z\u00e9\u0081ro mort \u00bb, c&rsquo;est-a\u00cc\u20ac-dire par l&rsquo;absence de vic- times parmi les militaires canadiens.<\/p>\n<p>Dans le cas de l&rsquo;Afghanistan, la chute importante de l&rsquo;appui populaire est survenue au moment ou\u00cc\u20ac les Forces canadiennes subissaient de plus en plus de pertes humaines, c&rsquo;est-a\u00cc\u20ac-dire a\u00cc\u20ac partir du printemps 2006. En effet, en octo- bre 2001, pr\u00e9\u20acs de 84 p. 100 des Canadiens appuyaient l&rsquo;intervention du Canada aux co\u00cc\u201at\u00e9\u0081s des E\u00cc\u0081tats-Unis en Afghanistan (L\u00e9\u0081ger Marketing). Le taux d&rsquo;approbation se r\u00e9\u0081tr\u00e9\u0081cit progressive- ment, passant a\u00cc\u20ac 75 p. 100 en 2002, puis a\u00cc\u20ac 61 p. 100 en 2004 (Environics). C&rsquo;est toutefois au cours du printemps 2006 qu&rsquo;il chuta drastiquement, divisant la population canadienne ; depuis, envi- ron 50 p. 100 des Canadiens appuient ou d\u00e9\u0081sapprouvent la mission des Forces canadiennes en Afghanistan.<\/p>\n<p>Il est particuli\u00e9\u20acrement int\u00e9\u0081ressant de souligner que l&rsquo;appui des Qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081cois a\u00cc\u20ac l&rsquo;intervention en Afghanistan au cours de l&rsquo;ann\u00e9\u0081e 2006 n&rsquo;a jamais d\u00e9\u0081pass\u00e9\u0081 43 p. 100. Le graphique sui- vant montre l&rsquo;\u00e9\u0081volution de l&rsquo;\u00e9\u0081cart entre les Canadiens hors Qu\u00e9\u0081bec et les Qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081cois sur la question. A\u00cc\u20ac l&rsquo;heure actuelle, 30 p. 100 seulement des Qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081cois appuient la participation canadienne a\u00cc\u20ac la mission.<\/p>\n<p>Outre la mort de soldats canadiens, les analyses d&rsquo;opinion publique souli- gnent \u00e9\u0081galement qu&rsquo;une certaine con- fusion quant a\u00cc\u20ac la nature de la mission explique la baisse d&rsquo;appuis. Ainsi, un quart des Canadiens croient que les Forces canadiennes effectuent une mis- sion de maintien de la paix en Afghanistan, alors qu&rsquo;environ 20 p. 100 d&rsquo;entre eux estiment qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une op\u00e9\u0081ration d&rsquo;appui a\u00cc\u20ac la politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre am\u00e9\u0081ricaine, soit le m\u00e9\u201ame nombre qui affirment qu&rsquo;il s&rsquo;agit pluto\u00cc\u201at d&rsquo;une mission d&rsquo;assistance humanitaire (Environics, novembre 2006).<\/p>\n<p>Les justifications politiques de la mission ne semblent donc pas fonctionner. Les arguments formul\u00e9\u0081s en termes de guerre contre le terrorisme ne suffisant pas (i.e., si l&rsquo;on ne vainc pas le terrorisme en Afghanistan, le Canada sera davantage menac\u00e9\u0081 sur son propre territoire), les dirigeants politiques cana- diens ont eu recours a\u00cc\u20ac des symboles associ\u00e9\u0081s aux caus- es humanitaires (dont celui, omnipr\u00e9\u0081sent dans les m\u00e9\u0081dias, de la construction d&rsquo;\u00e9\u0081coles pour fillettes). La confusion et la divi- sion actuelles qui r\u00e9\u20acgnent parmi la population canadienne soulignent l&rsquo;\u00e9\u0081chec de ces deux strat\u00e9\u0081gies.<\/p>\n<p>Ce qui demeure clair, en revanche, est que l&rsquo;actuelle crise de l\u00e9\u0081gitimation de l&rsquo;usage de la force au Canada t\u00e9\u0081moigne de clivages internes, dont la \u00ab diff\u00e9\u0081rence qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081coise \u00bb fait foi. La d\u00e9\u0081sapprobation d&rsquo;une majorit\u00e9\u0081 de Qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081cois et d&rsquo;une part significative de Canadiens vis-a\u00cc\u20ac-vis de l&rsquo;in- tervention canadienne en Afghanistan est d&rsquo;ailleurs syst\u00e9\u0081matiquement entretenue par les diff\u00e9\u0081rents partis d&rsquo;opposition a\u00cc\u20ac la Chambre des communes.<\/p>\n<p>Le chef du NPD, Jack Layton, s&rsquo;est r\u00e9\u0081cemment fait l&rsquo;apo\u00cc\u201atre du rapa- triement des troupes canadiennes (apr\u00e9\u20acs avoir pr\u00e9\u0081conis\u00e9\u0081 un changement de mission vers une intervention de type \u00ab maintien de la paix \u00bb). Parmi les principaux candidats a\u00cc\u20ac la succession de Paul Martin au Parti lib\u00e9\u0081ral, seul Michael Ignatieff appuie ouvertement la mission canadienne, alors que Bob Rae, Gerard Kennedy et St\u00e9\u0081phane Dion souhaitent le retour a\u00cc\u20ac la maison des mi- litaires. Cet enjeu pr\u00e9\u0081cis fut d&rsquo;ailleurs omnipr\u00e9\u0081sent dans les d\u00e9\u0081bats entourant la campagne a\u00cc\u20ac la direction du parti. Plusieurs lib\u00e9\u0081raux affirment que Michael Ignatieff aurait de la difficult\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac se distinguer de Stephen Harper lors des prochaines \u00e9\u0081lections f\u00e9\u0081d\u00e9\u0081rales. Cette si- tuation est d&rsquo;autant plus cruciale que les circonscriptions qu\u00e9\u0081b\u00e9\u0081coises sont parti- culi\u00e9\u20acrement importantes pour tout parti f\u00e9\u0081d\u00e9\u0081ral qui souhaite former un gouvernement majoritaire a\u00cc\u20ac Ottawa.<\/p>\n<p>Gilles Duceppe, quant a\u00cc\u20ac lui, est pluto\u00cc\u201at r\u00e9\u0081serv\u00e9\u0081 sur la question. Instigateur du d\u00e9\u0081bat a\u00cc\u20ac la Chambre des communes en avril 2006 sur la nature et la pertinence de l&rsquo;intervention, il souhaite que le Parlement canadien d\u00e9\u0081batte davantage du ro\u00cc\u201ale des Forces canadiennes sur la sc\u00e9\u20acne internationale. La d\u00e9\u0081cision du gou- vernement Harper de voter (dans un cli- mat d&rsquo;urgence injustifi\u00e9\u0081) la prolongation de la mission canadienne a d&rsquo;ailleurs con- tribu\u00e9\u0081 a\u00cc\u20ac l\u00e9\u0081gitimer la position du chef blo- quiste. Cette m\u00e9\u201ame d\u00e9\u0081cision du gouvernement conservateur t\u00e9\u0081moigne en outre de la crise de l\u00e9\u0081gitimit\u00e9\u0081 dont font actuellement les frais les Forces cana- diennes. Le faible taux d&rsquo;appui populaire a\u00cc\u20ac la mission a pouss\u00e9\u0081 le gouvernement a\u00cc\u20ac chercher l&rsquo;approbation de l&rsquo;appareil l\u00e9\u0081gis- latif afin de l\u00e9\u0081gitimer sa d\u00e9\u0081cision. Cette tactique fut \u00e9\u0081galement employ\u00e9\u0081e par Jean\u00a0Chr\u00e9\u0081tien lorsqu&rsquo;il imposa, en avril 1998, un d\u00e9\u0081bat sp\u00e9\u0081cial aux Communes au moment ou\u00cc\u20ac la situation se d\u00e9\u0081t\u00e9\u0081riorait en ex-Yougoslavie. Il s&rsquo;agissait alors d&rsquo;une premi\u00e9\u20acre depuis Mackenzie King.<\/p>\n<p>La \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre canadienne ne m\u00e9\u0081rite donc peut-\u00e9\u201atre pas ce qualificatif, du moins si, par \u00ab nou- veau \u00bb, l&rsquo;on entend quelque chose de pro- pre au gouvernement Harper, voire a\u00cc\u20ac celui de Paul Martin. Elle s&rsquo;inscrit pluto\u00cc\u201at dans l&rsquo;\u00e9\u0081volution de la situation g\u00e9\u0081o- strat\u00e9\u0081gique mondiale depuis la fin de la guerre froide, alors que le Canada inter- vient de plus en plus dans le cadre de l&rsquo;OTAN et cherche a\u00cc\u20ac maximiser son influ- ence aupr\u00e9\u20acs de ses alli\u00e9\u0081s traditionnels. M\u00e9\u201ame les r\u00e9\u0081percussions politiques internes de cette \u00e9\u0081volution sur le ro\u00cc\u201ale des Forces canadiennes ne sont pas nouvelles.<\/p>\n<p>En revanche, reconnai\u00cc\u201atre ceci ne doit pas nous conduire a\u00cc\u20ac n\u00e9\u0081gliger l&rsquo;am- pleur de l&rsquo;actuelle crise de l\u00e9\u0081gitimit\u00e9\u0081. Utilis\u00e9\u0081e a\u00cc\u20ac des fins partisanes, l&rsquo;ambivalence des Canadiens pourrait se r\u00e9\u0081v\u00e9\u0081ler un enjeu important lors des prochaines \u00e9\u0081lections f\u00e9\u0081d\u00e9\u0081rales. De mani\u00e9\u20acre plus fon- damentale, l&rsquo;absence d&rsquo;un ro\u00cc\u201ale pour les Forces canadiennes faisant consensus parmi la population canadienne risque d&rsquo;assombrir leurs succ\u00e9\u20acs et de limiter la port\u00e9\u0081e de ce que peut accomplir le Canada sur la sc\u00e9\u20acne internationale. En concentrant ses ressources dans une mission impopulaire, le gouvernement canadien a par le fait m\u00e9\u201ame mis dans un m\u00e9\u201ame panier toute la l\u00e9\u0081gitimit\u00e9\u0081 et l&rsquo;effi- cacit\u00e9\u0081 de sa politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis maintenant cinquante ans, le gouvernement canadien fait du maintien de la paix l&rsquo;une des facettes les plus m\u00e9\u0081diatis\u00e9\u0081es de sa politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre. En plus d&rsquo;\u00e9\u201atre une activit\u00e9\u0081 qui octroie une recon- naissance internationale au pays, il s&rsquo;agit \u00e9\u0081galement d&rsquo;une des seules fonctions des forces arm\u00e9\u0081es canadiennes qui fassent consensus autant chez les francophones que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","ep_exclude_from_search":false},"categories":[9356],"tags":[8765],"article-status":[],"irpp-category":[4217,4292],"section":[],"irpp-tag":[6953,7075],"class_list":["post-217662","issues","type-issues","status-publish","hentry","category-non-classifiee","tag-afghanistan-fr","irpp-category-affaires-internationales","irpp-category-global-affairs","irpp-tag-afghanistan"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>L&#039;Afghanistan : arch\u00e9type d&#039;une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;Afghanistan : arch\u00e9type d&#039;une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Depuis maintenant cinquante ans, le gouvernement canadien fait du maintien de la paix l&rsquo;une des facettes les plus m\u00e9\u0081diatis\u00e9\u0081es de sa politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre. En plus d&rsquo;\u00e9\u201atre une activit\u00e9\u0081 qui octroie une recon- naissance internationale au pays, il s&rsquo;agit \u00e9\u0081galement d&rsquo;une des seules fonctions des forces arm\u00e9\u0081es canadiennes qui fassent consensus autant chez les francophones que [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Policy Options\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-04-14T10:08:34+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/policy-options-og-image.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"630\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@irpp\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"22 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/\",\"url\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/\",\"name\":\"L'Afghanistan : arch\u00e9type d'une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"2006-12-01T10:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2025-04-14T10:08:34+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Afghanistan\",\"item\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/2006\/12\/afghanistan-2\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"L&#8217;Afghanistan : arch\u00e9type d&#8217;une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/\",\"name\":\"Policy Options\",\"description\":\"Institute for Research on Public Policy\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#organization\",\"name\":\"Policy Options\",\"url\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/PolicyOptions_Logo.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/PolicyOptions_Logo.png\",\"width\":1200,\"height\":365,\"caption\":\"Policy Options\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org\",\"https:\/\/x.com\/irpp\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"L'Afghanistan : arch\u00e9type d'une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"L'Afghanistan : arch\u00e9type d'une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?","og_description":"Depuis maintenant cinquante ans, le gouvernement canadien fait du maintien de la paix l&rsquo;une des facettes les plus m\u00e9\u0081diatis\u00e9\u0081es de sa politique \u00e9\u0081trang\u00e9\u20acre. En plus d&rsquo;\u00e9\u201atre une activit\u00e9\u0081 qui octroie une recon- naissance internationale au pays, il s&rsquo;agit \u00e9\u0081galement d&rsquo;une des seules fonctions des forces arm\u00e9\u0081es canadiennes qui fassent consensus autant chez les francophones que [&hellip;]","og_url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/","og_site_name":"Policy Options","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org","article_modified_time":"2025-04-14T10:08:34+00:00","og_image":[{"width":1200,"height":630,"url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/policy-options-og-image.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_site":"@irpp","twitter_misc":{"Est. reading time":"22 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/","url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/","name":"L'Afghanistan : arch\u00e9type d'une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?","isPartOf":{"@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#website"},"datePublished":"2006-12-01T10:00:00+00:00","dateModified":"2025-04-14T10:08:34+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/2006\/12\/lafghanistan-archetype-dune-nouvelle-politique-etrangere-canadienne\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Afghanistan","item":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/2006\/12\/afghanistan-2\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"L&#8217;Afghanistan : arch\u00e9type d&#8217;une \u00ab nouvelle \u00bb politique \u00e9trang\u00e8re canadienne?"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/","name":"Policy Options","description":"Institute for Research on Public Policy","publisher":{"@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#organization","name":"Policy Options","url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/PolicyOptions_Logo.png","contentUrl":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/PolicyOptions_Logo.png","width":1200,"height":365,"caption":"Policy Options"},"image":{"@id":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org","https:\/\/x.com\/irpp"]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues\/217662","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/issues"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=217662"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=217662"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=217662"},{"taxonomy":"article-status","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article-status?post=217662"},{"taxonomy":"irpp-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-category?post=217662"},{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=217662"},{"taxonomy":"irpp-tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/potestlaunch.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-tag?post=217662"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}